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Trouble du neurodéveloppement · environ 5 % des enfants

La dyspraxie, ou TDC

Un trouble de la coordination des gestes, appelé trouble développemental de la coordination (TDC) dans le DSM-5 et dans la recherche internationale, qui touche environ 5 % des enfants selon l'Inserm. La dyspraxie verbale, elle, concerne la programmation des mouvements de la parole.

≈ 5 %
des enfants concernés (Inserm)
1,8:1
garçons pour une fille (Inserm)
TDC
le nom de la dyspraxie dans le DSM-5
Maternelle
des signes d'appel repérables dès cet âge (HAS)

Qu'est-ce que la dyspraxie ?

Définition

La dyspraxie, appelée trouble développemental de la coordination (TDC) dans le DSM-5, est un trouble du développement : l'apprentissage et l'exécution des gestes coordonnés sont nettement en dessous de ce qu'on attend pour l'âge. L'enfant est maladroit, lent et imprécis pour attraper un objet, utiliser des ciseaux ou des couverts, écrire à la main ou faire du vélo. Ces difficultés gênent durablement la vie quotidienne et l'école, apparaissent tôt et ne s'expliquent ni par une déficience intellectuelle ou visuelle, ni par une maladie neurologique motrice (critères du DSM-5 repris par l'Inserm).

Le mot vient de « praxie ». L'Inserm rappelle que Piaget définissait les praxies comme des systèmes de mouvements coordonnés en fonction d'un résultat ou d'une intention. Un trouble praxique est donc une difficulté à organiser et à enchaîner ces gestes. L'enfant dyspraxique a du mal à automatiser les gestes du quotidien, même après entraînement.

Important : La dyspraxie n'est pas un manque de volonté ni une maladresse banale. C'est un trouble durable qui nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. On distingue la dyspraxie motrice (gestes du quotidien) de la dyspraxie verbale (mouvements de la parole).

Dyspraxie ou TDC : le même trouble ?

En pratique, oui. TDC signifie trouble développemental de la coordination. L'expertise collective de l'Inserm (2019) rappelle que la version française du DSM-5, publiée en 2015, a retenu ce nom pour traduire l'anglais developmental coordination disorder, à la place de l'ancien sigle TAC (trouble de l'acquisition de la coordination). La classification internationale des maladies (CIM-10) considère TDC et dyspraxie de développement comme équivalents. La frontière entre les deux termes fait encore débat chez les chercheurs, mais l'expertise de l'Inserm a choisi de ne pas les distinguer.

La différence tient surtout à l'usage. Selon l'Inserm, les chercheurs écrivent « TDC », le terme reconnu à l'international. En France, les familles, les associations et l'école parlent plutôt de « dyspraxie », qui rapproche le trouble des autres troubles « dys ».

Un faux ami : la dyspraxie verbale porte presque le même nom, mais elle concerne la parole. L'association américaine des orthophonistes (ASHA) la classe parmi les troubles des sons de la parole. Elle est détaillée plus bas.

Dyspraxie verbale et dyspraxie motrice

Dyspraxie verbale (apraxie de la parole)

  • • Difficulté à programmer les mouvements de la bouche pour parler
  • • Erreurs de sons inconstantes et variables
  • • Tâtonnements articulatoires visibles (groping)
  • • Parole plus difficile sur les mots longs ou complexes
  • • Prosodie perturbée (rythme, intonation de la parole)
  • • Prise en charge principalement orthophonique

Dyspraxie motrice (TDC)

  • • Maladresse dans les gestes du quotidien (habillage, lacets)
  • • Difficulté en graphisme et écriture
  • • Problèmes de coordination globale (sport, vélo)
  • • Lenteur dans l'exécution des gestes appris
  • • Difficulté à manipuler des outils (ciseaux, couverts)
  • • Prise en charge par ergothérapeute et psychomotricien

La dyspraxie verbale, le domaine de l'orthophoniste

La dyspraxie verbale, aussi appelée apraxie de la parole de l'enfant, touche la planification et la programmation des mouvements nécessaires pour parler. L'ASHA la décrit comme un trouble neurologique des sons de la parole : la précision et la constance des mouvements sont altérées, alors que les réflexes et le tonus des muscles sont normaux. Les erreurs de sons changent d'un essai à l'autre, le passage d'une syllabe à la suivante est heurté et la mélodie de la phrase paraît inhabituelle.

En France, sa rééducation revient à l'orthophoniste. L'article R4341-3 du Code de la santé publique l'habilite à rééduquer les troubles de l'articulation, de la parole et du langage oral, ainsi que « l'apraxie et la dyspraxie bucco-lingo-faciale ». Tout commence par un bilan orthophonique, sur ordonnance du médecin. L'Inserm rappelle que le TDC et les troubles du langage coexistent souvent chez un même enfant : chaque versant est alors évalué par le professionnel concerné.

Les signes de la dyspraxie verbale

Parole et articulation

  • • Intelligibilité réduite de la parole
  • • Erreurs de sons inconsistantes
  • • Tâtonnements visibles pour produire les sons

Motricité orale

  • • Difficulté à imiter des mouvements de bouche
  • • Problèmes de souffle et de coordination respiratoire
  • • Difficulté à enchaîner les mouvements articulatoires

Signes associés

  • • Difficultés d'écriture (dysgraphie)
  • • Maladresse dans les activités manuelles
  • • Fatigue importante liée à l'effort de compensation

Qui fait quoi : orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute

Les deux versants de la dyspraxie ne se soignent pas chez les mêmes professionnels. Le médecin (médecin traitant, pédiatre) coordonne le parcours et prescrit les bilans. Selon la HAS, quand les difficultés de gestes gênent la vie scolaire et quotidienne, il adresse l'enfant à un psychomotricien ou à un ergothérapeute ; un bilan orthophonique est demandé si la parole ou le langage oral posent question.

Orthophoniste

Dyspraxie verbale, articulation, langage oral et écrit. Le TDC moteur ne fait pas partie des compétences qui lui sont reconnues, rappelle l'Inserm, qui lui recommande d'orienter vers un psychomotricien ou un ergothérapeute s'il repère des difficultés de gestes.

Psychomotricien

Coordination globale et schéma corporel. Avec l'ergothérapeute, c'est l'un des deux spécialistes de la motricité : pour l'Inserm, un diagnostic de TDC doit faire intervenir au minimum l'un d'eux, avec un médecin formé aux troubles du développement.

Ergothérapeute

Motricité fine, écriture et gestes du quotidien. Comme le psychomotricien, il peut réaliser les évaluations standardisées de la motricité qui servent au diagnostic de TDC (Inserm).

Côté remboursement, les séances d'orthophonie sont prises en charge sur prescription médicale. L'Inserm relevait en 2019 que les psychomotriciens et ergothérapeutes libéraux n'étaient pas conventionnés et que leurs bilans restaient le plus souvent à la charge des familles : demandez à votre médecin quels dispositifs existent près de chez vous. Pour comparer les deux métiers les plus souvent confondus, voir notre page orthophoniste ou psychomotricien.

L'impact au quotidien

Communication

  • • Parole difficile à comprendre par les inconnus
  • • Frustration face aux difficultés d'expression
  • • Réduction des échanges verbaux
  • • Impact sur la socialisation avec les pairs
  • • Risque de repli sur soi

Scolarité

  • • Difficulté en écriture manuscrite (dysgraphie)
  • • Lenteur dans les activités impliquant la motricité fine
  • • Problèmes en géométrie et arts plastiques
  • • Participation orale limitée par les difficultés de parole
  • • Besoin d'aménagements scolaires spécifiques

Troubles fréquemment associés

La dyspraxie est souvent associée à d'autres troubles neurodéveloppementaux. Un bilan pluridisciplinaire est recommandé.

Dyslexie-dysorthographie : les difficultés motrices impactent l'apprentissage de l'écriture. En savoir plus
Dyscalculie : les difficultés visuo-spatiales compliquent les mathématiques. En savoir plus
TDA/H : l'Inserm relève qu'environ la moitié des enfants avec un TDA/H présentent aussi un TDC.
Troubles du langage oral : la dyspraxie verbale coexiste souvent avec un retard de langage.

La dyspraxie chez l'adulte

La dyspraxie ne concerne pas que les enfants. D'après l'Inserm, le repérage peut venir de la personne elle-même ou de ses proches, à l'adolescence ou à l'âge adulte. Certains adolescents sont repérés tard : les stratégies de compensation qu'ils s'étaient construites ne suffisent plus quand les exigences scolaires augmentent.

Les connaissances restent minces. L'expertise collective note qu'il existe peu de recherches sur les adolescents et les adultes, peu d'outils d'évaluation et peu de lieux d'accueil pour ces âges, et que leurs parcours de soins sont méconnus. Les données sont plus rares chez l'adulte, mais les mêmes liens qu'à l'enfance y ont été décrits avec l'anxiété et des difficultés émotionnelles. Certaines étapes comptent beaucoup, comme le permis de conduire, et les experts posent la question de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) dans la vie professionnelle.

Si vous pensez être concerné, parlez-en à votre médecin traitant, qui pourra vous orienter. Quand la gêne porte sur la parole ou l'articulation, un bilan orthophonique fait le point ; notre page orthophoniste pour adulte explique comment se passe une prise en charge à l'âge adulte.

Le bilan et la prise en charge

Le diagnostic de dyspraxie verbale repose sur un bilan orthophonique approfondi évaluant les praxies bucco-faciales, la programmation motrice de la parole, l'articulation et la phonologie. Pour la dyspraxie motrice, un bilan en ergothérapie et/ou psychomotricité est nécessaire.

La rééducation

  • Orthophonie intensive : rééducation de la programmation motrice de la parole, travail sur les enchaînements articulatoires
  • Approche multisensorielle : utilisation de supports visuels, tactiles et auditifs pour faciliter la production des sons
  • Ergothérapie : travail sur la motricité fine, l'écriture et les gestes du quotidien
  • Psychomotricité : amélioration de la coordination globale et du schéma corporel
  • Aménagements scolaires : PAP ou PPS avec adaptations spécifiques (outil informatique, tiers-temps)

Le bilan et les séances d'orthophonie sont remboursés par l'Assurance Maladie sur prescription médicale.

Quand consulter ?

  • • Parole très difficile à comprendre après 3 ans
  • • Tâtonnements visibles quand l'enfant essaie de parler
  • • Erreurs de sons variables et imprévisibles
  • • Difficulté à imiter des mouvements de bouche sur demande
  • • Maladresse importante dans les gestes du quotidien
  • • Difficulté persistante en graphisme et écriture
  • • Frustration ou évitement de la communication orale

Conseils pour les parents

  • • Laissez à l'enfant le temps de s'exprimer sans le presser ou finir ses phrases.
  • • Encouragez toute tentative de communication, même imparfaite.
  • • Décomposez les activités motrices en petites étapes simples.
  • • Utilisez des supports visuels (images, pictogrammes) pour aider la communication.
  • • Travaillez en étroite collaboration avec l'équipe de rééducation.
  • • Préservez l'estime de soi de l'enfant en valorisant ses forces.

Questions fréquentes sur la dyspraxie

Qu'est-ce que la dyspraxie ?

La dyspraxie, appelée trouble développemental de la coordination (TDC) dans le DSM-5 et dans la recherche internationale, est un trouble du neurodéveloppement : l'apprentissage et l'exécution des gestes coordonnés restent nettement en dessous de ce qu'on attend pour l'âge. Elle touche environ 5 % des enfants selon l'Inserm, avec plus de garçons que de filles (1,8 pour 1). La dyspraxie verbale, qui concerne les mouvements de la parole, est décrite à part.

Que veut dire TDC ?

TDC signifie trouble développemental de la coordination. C'est le nom retenu dans la version française du DSM-5 (2015) pour ce que l'on appelle couramment la dyspraxie ; il remplace l'ancien sigle TAC, trouble de l'acquisition de la coordination. D'après l'expertise collective de l'Inserm, la CIM-10 considère TDC et dyspraxie de développement comme équivalents.

Quelle est la différence entre dyspraxie verbale et dyspraxie motrice ?

La dyspraxie verbale (apraxie de la parole) affecte la programmation des mouvements de la bouche pour parler : erreurs de sons inconstantes, tâtonnements articulatoires, prosodie perturbée. La dyspraxie motrice touche les gestes du quotidien : habillage, écriture, coordination. L'orthophoniste prend en charge la dyspraxie verbale, l'ergothérapeute et le psychomotricien la dyspraxie motrice.

Comment est diagnostiquée la dyspraxie verbale ?

Le diagnostic repose sur un bilan orthophonique approfondi évaluant les praxies bucco-faciales, la programmation motrice de la parole, l'articulation et la phonologie. Pour le TDC, l'Inserm recommande au minimum l'avis d'un médecin formé aux troubles du développement et celui d'un psychomotricien ou d'un ergothérapeute. Un bilan neuropsychologique complète souvent l'évaluation.

La dyspraxie existe-t-elle chez l'adulte ?

Oui. Le trouble peut être repéré à l'adolescence ou à l'âge adulte, par la personne elle-même ou par ses proches ; certains adolescents sont repérés tard, quand leurs stratégies de compensation ne suffisent plus. L'Inserm souligne toutefois qu'il existe peu de recherches et peu d'outils d'évaluation pour ces âges, et que les parcours de soins des adultes sont méconnus. Le médecin traitant peut orienter vers les professionnels adaptés.

La dyspraxie se soigne-t-elle ?

Il n'existe pas de traitement unique. L'Inserm indique qu'aucune intervention-type ne fait l'unanimité : la prise en charge s'adapte au profil de l'enfant et vise les compétences utiles à l'école et au quotidien, avec la famille et les enseignants. Selon les besoins : orthophonie pour la dyspraxie verbale, psychomotricité ou ergothérapie pour le TDC, aménagements scolaires (PAP ou PPS). Les séances d'orthophonie sont remboursées sur prescription médicale.

Informations pratiques

Sources

Les textes officiels et les données publiques sur lesquels s'appuient les informations de cette page. Notre charte éditoriale

  1. 1
    Inserm, expertise collective « Trouble développemental de la coordination ou dyspraxie », synthèse (PDF, 2019)

    TDC et dyspraxie de développement considérés comme équivalents (CIM-10), et traités comme tels dans l'expertise malgré un débat encore ouvert ; « trouble développemental de la coordination » dans la version française du DSM-5 (2015), à la place de « trouble de l'acquisition de la coordination » ; critères du DSM-5 ; praxies définies comme des systèmes de mouvements coordonnés en fonction d'un résultat ou d'une intention ; garçons surreprésentés (1,8 pour 1) ; environ la moitié des enfants avec un TDA/H présentent aussi un TDC ; repérage possible à l'adolescence ou à l'âge adulte, peu de recherches, d'outils d'évaluation et de lieux d'accueil pour ces âges, parcours méconnus, mêmes associations avec l'anxiété décrites chez l'adulte, permis de conduire et RQTH évoqués ; TDC et troubles du langage souvent associés ; le TDC ne fait pas partie des compétences reconnues aux orthophonistes ; psychomotriciens et ergothérapeutes libéraux non conventionnés.

    Consulté le 28 septembre 2026.

  2. 2
    Inserm, communiqué « Troubles développementaux de la coordination ou dyspraxie, une expertise collective de l'Inserm » (2019)

    Le TDC, aussi appelé dyspraxie, touche environ 5 % des enfants ; le diagnostic implique au minimum un médecin formé aux troubles du développement et un psychomotricien ou un ergothérapeute ; aucune intervention-type ne fait l'unanimité, la prise en charge s'adapte au profil de l'enfant.

    Consulté le 28 septembre 2026.

  3. 3
    HAS, Signes d'alerte à l'intention du médecin de premier recours et actions à mettre en œuvre (2017)

    Signes d'appel des difficultés de coordination et de praxies dès la moyenne et la grande section de maternelle ; en cas de gêne notable, bilan chez le psychomotricien ou l'ergothérapeute ; bilan orthophonique pour les troubles du langage oral.

    Consulté le 28 septembre 2026.

  4. 4
    ASHA (association américaine des orthophonistes), Childhood Apraxia of Speech, Practice Portal

    L'apraxie de la parole de l'enfant (dyspraxie verbale) est un trouble neurologique des sons de la parole : précision et constance des mouvements altérées, réflexes et tonus normaux ; erreurs inconstantes, enchaînements perturbés, prosodie inhabituelle ; évaluation et rééducation par l'orthophoniste.

    Consulté le 28 septembre 2026.

  5. 5
    FNO, Livret FNO 2026 (PDF), article R4341-3 du Code de la santé publique

    L'orthophoniste est habilité à rééduquer les troubles de l'articulation, de la parole ou du langage oral, ainsi que l'apraxie et la dyspraxie bucco-lingo-faciale.

    Consulté le 28 septembre 2026.

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