1 orthophoniste pour 3 000 habitants. Découvrez les déserts orthophoniques en France. Voir la carte

Trouble de la déglutition · dysphagie

Les troubles de la déglutition (dysphagie)

Difficulté à avaler, fausses routes, repas qui s'allongent : la dysphagie touche surtout l'adulte, après un AVC, dans la maladie de Parkinson, après un cancer ORL ou avec l'âge. L'orthophoniste est le spécialiste de l'évaluation et de la rééducation de la déglutition.

8%
de la population générale
30-40%
des personnes âgées
50%
post-AVC avec dysphagie
4 000
décès/an par fausse route en France
Dernière mise à jour : septembre 2026

Qu'est-ce que la dysphagie ?

La dysphagie désigne toute difficulté à avaler les aliments, les liquides ou même la salive. Ce n'est pas une maladie en soi, mais un symptôme qui accompagne de nombreuses pathologies neurologiques (AVC, Parkinson, SLA), ORL (cancer) ou liées au vieillissement naturel.

La déglutition est un mécanisme complexe qui fait intervenir plus de 30 muscles et 6 paires de nerfs crâniens. Lorsqu'un de ces éléments dysfonctionne, le passage des aliments de la bouche vers l'estomac est perturbé, avec un risque majeur : la fausse route, c'est-à-dire le passage d'aliments ou de liquides dans les voies respiratoires au lieu de l'œsophage.

Les fausses routes répétées peuvent entraîner des pneumopathies d'inhalation (infections pulmonaires), potentiellement mortelles chez les personnes fragiles. C'est pourquoi la prise en charge précoce de la dysphagie est essentielle.

Les deux types de dysphagie

Dysphagie oropharyngée

La plus fréquente chez l'adulte. La difficulté se situe au niveau de la bouche ou du pharynx (gorge). Le patient a du mal à initier la déglutition, tousse en mangeant, ou a la sensation que les aliments « restent bloqués » dans la gorge.

Causes principales : AVC, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, SLA, cancer ORL, traumatisme crânien, myopathies, vieillissement (presbyphagie).

Dysphagie œsophagienne

La difficulté se situe au niveau de l'œsophage. Le patient a la sensation que les aliments « restent coincés » dans la poitrine après avoir avalé, avec parfois des régurgitations. Elle relève principalement du gastro-entérologue.

Causes principales : sténose œsophagienne, cancer de l'œsophage, reflux gastro-œsophagien sévère, troubles de la motilité œsophagienne.

L'orthophoniste intervient principalement dans la prise en charge de la dysphagie oropharyngée, qui est la forme la plus courante en rééducation.

Les causes de la dysphagie chez l'adulte

La dysphagie peut apparaître brutalement (AVC) ou s'installer progressivement (maladie neurodégénérative, vieillissement). Les causes sont multiples et déterminent l'approche thérapeutique.

Accident vasculaire cérébral (AVC)

C'est la cause la plus fréquente de dysphagie aiguë chez l'adulte. Environ 50 % des patients présentent des troubles de la déglutition dans les jours suivant l'AVC. La majorité récupère une déglutition fonctionnelle dans les semaines qui suivent, mais 10 à 15 % conservent une dysphagie chronique. Orthophonie après un AVC.

Maladie de Parkinson

La dysphagie touche jusqu'à 80 % des patients parkinsoniens au cours de leur maladie. Elle est souvent sous-diagnostiquée car elle s'installe progressivement. Les troubles portent sur la phase orale (mastication lente, résidus buccaux) et pharyngée (retard du réflexe de déglutition). Orthophonie et maladie de Parkinson.

Cancer ORL et chirurgie cervico-faciale

Les cancers de la langue, du pharynx ou du larynx, ainsi que leurs traitements (chirurgie, radiothérapie), altèrent les structures impliquées dans la déglutition. La rééducation orthophonique est systématique dans le parcours de soins oncologiques ORL.

Maladies neurodégénératives

La SLA (sclérose latérale amyotrophique), la sclérose en plaques et la maladie d'Alzheimer s'accompagnent fréquemment de troubles de la déglutition. L'orthophoniste adapte sa prise en charge à l'évolution de la maladie et anticipe les difficultés à venir. Orthophonie et maladie d'Alzheimer.

Vieillissement (presbyphagie)

Avec l'âge, les muscles de la déglutition perdent en force et en coordination. Ce phénomène naturel fragilise la personne âgée et augmente le risque de fausses routes, surtout avec les liquides. Presbyphagie : la déglutition de la personne âgée.

Signes d'alerte : quand consulter ?

Signes directs

  • • Toux systématique pendant ou juste après les repas
  • • Voix « mouillée » ou gargouillante après avoir avalé
  • • Sensation d'étouffement ou de blocage alimentaire fréquent
  • • Bavage ou écoulement de nourriture hors de la bouche
  • • Difficulté à avaler les médicaments

Signes indirects

  • • Perte de poids inexpliquée ou refus progressif de s'alimenter
  • • Infections pulmonaires à répétition (pneumopathies)
  • • Peur de manger ou de boire, repas évités
  • • Durée des repas anormalement longue (plus de 45 minutes)

Ces signes doivent amener à consulter rapidement votre médecin, car ils peuvent indiquer un risque d'inhalation grave. Attention aux fausses routes « silencieuses » : chez certains patients neurologiques, les aliments passent dans les voies respiratoires sans déclencher de toux. Seul un bilan spécialisé peut les détecter. Vous cherchez d'abord à comprendre votre gêne ? Notre fiche symptôme difficultés à avaler vous aide à faire le point.

Le rôle de l'orthophoniste dans la prise en charge de la dysphagie

L'orthophoniste est le professionnel de santé spécialisé dans l'évaluation et la rééducation des troubles de la déglutition. Il intervient à l'hôpital (services de neurologie, ORL, gériatrie), en centre de rééducation, en cabinet libéral ou au domicile du patient, en étroite collaboration avec le médecin ORL, le neurologue et l'équipe soignante.

Le bilan de déglutition

Le bilan orthophonique de la déglutition comprend un examen clinique au lit du patient ou en cabinet, avec des essais alimentaires de différentes textures (liquide, semi-liquide, solide mou, solide dur). L'orthophoniste observe la posture, les mouvements de la langue et des lèvres, le déclenchement du réflexe de déglutition et la qualité de la voix après les essais.

Dans certains cas, un examen complémentaire est prescrit : la vidéofluoroscopie (radiographie en mouvement de la déglutition) ou la nasofibroscopie de déglutition (FEES), réalisée conjointement avec un médecin ORL. Le déroulement complet est détaillé sur notre page bilan orthophonique adulte.

Les approches thérapeutiques

Exercices de renforcement musculaire

Renforcement des muscles de la langue, des lèvres, du voile du palais et du pharynx. Ces exercices visent à améliorer la propulsion du bol alimentaire et le déclenchement du réflexe de déglutition. Ils sont pratiqués en séance et répétés à domicile.

Adaptation des textures alimentaires

L'orthophoniste recommande les textures les plus sûres : eau gélifiée ou épaissie, alimentation mixée, moulinée ou hachée, selon le type et la sévérité de la dysphagie. La classification IDDSI (International Dysphagia Diet Standardisation Initiative) est la référence internationale utilisée.

Stratégies posturales compensatoires

Certaines postures de tête facilitent la déglutition et réduisent le risque de fausse route : flexion antérieure du menton (chin tuck), rotation de la tête du côté atteint, inclinaison latérale. L'orthophoniste enseigne ces postures au patient et à son entourage.

Manœuvres de déglutition spécifiques

La déglutition supraglottique, la déglutition d'effort (Mendelsohn) ou la déglutition sus-sus-glottique sont des techniques qui permettent de protéger les voies aériennes pendant l'acte de déglutition. Elles nécessitent un apprentissage guidé par l'orthophoniste.

Éducation thérapeutique

L'orthophoniste forme le patient, sa famille et les aidants aux gestes de sécurité : installation correcte pendant les repas (assis, buste droit), rythme d'alimentation adapté, surveillance des signes de fausse route. En EHPAD, il forme le personnel soignant aux bonnes pratiques.

Presbyphagie : la déglutition de la personne âgée

Avec l'âge, la déglutition ralentit et perd en force : c'est la presbyphagie, un vieillissement physiologique qui ne constitue pas une maladie mais fragilise la personne âgée, surtout avec les liquides. Elle se combine souvent à une dysphagie liée à une pathologie, et jusqu'à 60 % des résidents en EHPAD présentent des troubles de la déglutition. L'orthophoniste intervient alors au domicile ou en établissement, forme les aidants et le personnel soignant et adapte les textures pour préserver la sécurité et le plaisir des repas.

Notre page dédiée à la presbyphagie détaille la prévention, le rôle des aidants et la prise en charge en EHPAD ; celle consacrée à l' orthophonie pour la personne âgée élargit le propos à la mémoire et au langage.

Conseils pratiques pour les repas

L'entourage et les aidants jouent un rôle crucial dans la sécurité alimentaire de la personne dysphagique.

Position assise : le patient doit être bien installé, buste droit, tête légèrement fléchie vers l'avant. Jamais de repas allongé ou semi-allongé.
Petites bouchées : proposer de petites quantités à la fois, manger lentement. Attendre que la bouche soit vide avant de donner la bouchée suivante.
Pas de distractions : éteindre la télévision, éviter les conversations animées et ne pas parler en mangeant. La concentration est essentielle pour une déglutition sûre.
Rester assis : après le repas, maintenir la position assise pendant au moins 30 minutes pour éviter les reflux et les fausses routes tardives.
Hygiène buccale : un brossage des dents et un nettoyage de la bouche après chaque repas réduisent le risque d'infection pulmonaire en cas de fausse route.
Respecter les textures : ne jamais donner une texture non autorisée par l'orthophoniste, même si le patient le demande. La sécurité prime.

Impact de la dysphagie sur la qualité de vie

Au-delà du risque médical, la dysphagie a un impact considérable sur la qualité de vie. Manger est un acte social fondamental : partager un repas en famille, déjeuner avec des collègues, célébrer un anniversaire autour d'un dîner. Lorsque la déglutition devient difficile, ces moments de convivialité sont altérés.

Les patients dysphagiques peuvent développer de l'anxiété face aux repas (peur de la fausse route), un isolement social (refus des invitations), une dénutrition (réduction des apports alimentaires) et une déshydratation (peur de boire). La dépression est fréquente.

L'orthophoniste travaille non seulement sur la sécurité de la déglutition, mais aussi sur le plaisir alimentaire. L'objectif est de trouver le meilleur compromis entre sécurité et qualité de vie : adapter les textures tout en préservant le goût, maintenir les repas en famille, retrouver la confiance pour manger en public.

Prise en charge et remboursement

Sur prescription médicale (médecin traitant, neurologue, ORL ou médecin hospitalier), le bilan et les séances d'orthophonie pour dysphagie sont remboursés par l'Assurance Maladie à 60 %, le reste étant généralement pris en charge par la mutuelle.

ALD 100 %

Si la dysphagie est liée à une ALD (AVC, Parkinson, cancer, SLA), les séances sont prises en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Notre guide orthophonie et ALD détaille les démarches.

Séances à domicile ou en EHPAD

L'orthophoniste peut intervenir au domicile du patient ou en EHPAD. Les séances à domicile sont remboursées dans les mêmes conditions, avec un supplément pour le déplacement (IFD). Voir aussi notre page orthophoniste à domicile.

Chez l'enfant : la déglutition atypique

Chez l'enfant, le trouble le plus fréquent n'est pas la dysphagie mais la déglutition atypique : au moment d'avaler, la langue pousse vers l'avant contre les dents au lieu de se plaquer au palais. Elle s'accompagne souvent d'une bouche ouverte au repos, d'une respiration par la bouche ou d'un zozotement, et elle intéresse aussi l'orthodontiste.

Nous lui consacrons une page entière, avec les signes, les causes et le déroulement de la rééducation : la déglutition atypique de l'enfant.

Questions fréquentes sur les troubles de la déglutition

Qu'est-ce que la dysphagie ?

La dysphagie est un trouble de la déglutition qui rend difficile ou dangereux le passage des aliments, des liquides ou de la salive de la bouche vers l'estomac. Elle peut entraîner des fausses routes (passage dans les voies respiratoires), une dénutrition ou une déshydratation. Elle touche 8 % de la population et jusqu'à 40 % des personnes âgées. Ce n'est pas une maladie en soi mais un symptôme, le plus souvent lié à un AVC, à une maladie neurologique, à un cancer ORL ou au vieillissement.

Quels sont les signes d'un trouble de la déglutition ?

Les signes principaux sont la toux pendant ou après les repas, une voix mouillée ou gargouillante après avoir avalé, une sensation de blocage alimentaire, des pneumonies à répétition, une perte de poids inexpliquée et des repas de plus en plus longs (plus de 45 minutes). Les fausses routes silencieuses (sans toux) sont particulièrement dangereuses : seul un bilan spécialisé peut les détecter.

Comment l'orthophoniste prend-il en charge la dysphagie ?

L'orthophoniste réalise un bilan de déglutition avec des essais alimentaires de différentes textures, parfois complété par une nasofibroscopie ou une vidéofluoroscopie. Il met ensuite en place une rééducation adaptée : renforcement de la motricité bucco-faciale, adaptation des textures alimentaires (classification IDDSI), postures de sécurité, manœuvres de déglutition spécifiques et éducation du patient, de l'entourage et des soignants pour des repas sécurisés.

La rééducation de la déglutition est-elle remboursée ?

Oui, le bilan et les séances de rééducation de la déglutition sont remboursés à 60 % par l'Assurance Maladie sur prescription médicale. La mutuelle couvre généralement le complément. En cas d'ALD (Affection Longue Durée : AVC, Parkinson, cancer, SLA), la prise en charge est à 100 %. Les séances à domicile ou en EHPAD sont remboursées dans les mêmes conditions, avec une indemnité de déplacement.

Qu'est-ce qu'une déglutition atypique chez l'enfant ?

La déglutition atypique désigne la persistance, au-delà de la petite enfance, d'un schéma où la langue pousse vers l'avant contre les dents au moment d'avaler, au lieu de se plaquer au palais. Elle est souvent associée à une respiration par la bouche, à une succion prolongée (pouce, tétine) ou à un frein de langue court, et peut retentir sur l'articulation et la position des dents. L'orthophoniste rééduque les fonctions oro-faciales, souvent en lien avec l'orthodontiste.

Informations pratiques

Votre département est-il en pénurie d'orthophonistes ?

En France, de nombreux départements manquent cruellement d'orthophonistes, avec des délais d'attente qui vont de plusieurs mois à plus d'un an selon les départements. Consultez notre carte interactive des déserts orthophoniques pour connaître la situation dans votre département et découvrir les solutions alternatives disponibles.

Vous cherchez un orthophoniste ?

Parcourez notre annuaire de plus de 34 000 orthophonistes référencés au RPPS, partout en France. Comparez les profils, vérifiez les coordonnées et prenez contact directement, gratuitement et sans inscription.

Pages liées

Troubles associés

Difficulté à trouver un orthophoniste ?

Consultez notre carte des déserts orthophoniques pour comprendre la situation dans votre département.

Voir la carte des déserts orthophoniques

Avertissement médical

Les informations présentes sur ce site sont fournies à titre informatif et éducatif. Elles ne remplacent en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé ni un bilan orthophonique. Si vous avez des inquiétudes concernant le développement du langage, consultez votre médecin ou un orthophoniste.

Besoin d'un bilan de déglutition ?

Un orthophoniste spécialisé peut évaluer les troubles de la déglutition et mettre en place une rééducation adaptée, au cabinet, à domicile ou en EHPAD.

Trouver un orthophoniste